Gestes qui sauvent

Les nouvelles recommandations de secourisme

Sommaire

Elles sont attendues avec autant d’impatience que d’inquiétude par les moniteurs de secourisme. Elles, se sont les nouvelles recommandations officielles. Bonne nouvelle, on a potassé les référentiels pour vous donner les grandes lignes de ce qui a changé dans la version 2021 du PSC1.

Les recommandations, qui les produit ?

Tout le monde en entend parler mais personne ne sait véritablement d’où elles viennent. En réalité, deux groupes de travail sont chargés de réfléchir aux modifications à apporter aux référentiels de secourisme. Le premier est composé de médecins du Conseil national de la Protection Civile (CNPC) et le second, de formateurs de formateurs.


Qu’est ce qui change dans le PSC1 (Prévention et secours civique de niveau 1) ?

  • La perte de connaissance

Face à une victime ayant perdu connaissance et qui respire, la Position latérale de sécurité s’impose (PLS). Oui, mais pas tout le temps. En effet, cela va dépendre du contexte. Si un traumatisme est suspecté, laissez la victime allongée sur le dos, alertez les secours, couvrez la victime et surveillez sa respiration en permanence jusqu’à l’arrivée des secours. Si aucun témoin ne peut vous donner d’indications sur un éventuel choc traumatique, le doute profite à la victime et le secouriste applique la conduite à tenir face à une perte de connaissance avec suspicion de traumatisme.

  • Les malaises

Pour les malaises, le secouriste se doit d’identifier les signes que présente la victime afin de transmettre un bilan aux secours. Jusque-là, rien ne change. En revanche, lors d’un malaise vagal, de nouvelles manœuvres physiques de contre pression sont à mettre en œuvre. Pas de panique, on vous explique tout.

Qu’est-ce qu’un malaise vagal ?

Aussi appelé syncope, le malaise vagal est la conséquence d’une stimulation excessive du système nerveux autonome.

Un coup de stress, un moment de panique, une chaleur intense peuvent provoquer une vive émotion et stimuler le nerf vague (d’où le terme de « malaise vagal »).

Le rythme cardiaque va alors ralentir et la pression artérielle va diminuer. Le cerveau est alors moins irrigué en sang. Nausées, vertiges, visage pâle, vision trouble, suées, assèchement de la bouche, bouffées de chaleurs, affaiblissement général, vont alors se manifester. C’est ce qu’on appelle un malaise vagal.

En prévention, le secouriste va inviter la victime à réaliser des manœuvres physiques de contre pression selon la position dans laquelle elle se trouve.

Le crochetage des doigts et la tension des muscles des membres supérieurs
Le crochetage des doigts et la tension des muscles des membres supérieurs (ERC 2021 - First Aid)

L'accroupissement si la victime est en position debout
(ERC 2021 - First Aid)

Le croisement des membres inférieurs (ERC 2021 - First Aid)

Ces manœuvres physiques visent à créer une contre-pression vasculaire destinée à augmenter la pression artérielle de la victime. Elles permettent ainsi d’éviter la survenue d’une perte de connaissance et des lésions traumatiques entraînées par une chute.

Par exemple, la victime est à bord d'un avion, dans un espace exigu et commence à se sentir mal. Elle démontre des symptômes d'un malaise vagal. Pour prévenir d'éventuelles complications, et vu le manque de place, vous pouvez en tant que secouriste l'inviter à réaliser la manœuvre de contre pression du crochetage des doigts.

Ces nouvelles manœuvres sont complémentaires des gestes de premiers secours à réaliser face à une victime faisant un malaise.

  • L'arrêt cardiaque chez l'enfant et le nourrisson

La cause principale d’un arrêt cardiaque chez l’enfant et le nourrisson est d’origine respiratoire. Aussi, les gestes de premiers secours vont être axés sur la ventilation artificielle Lorsque l’on constate que l’enfant ou le nourrisson est inconscient et ne respire plus, il faut donc débuter la réanimation avec 5 insufflations. En l’absence de réaction, on réalise 15 compressions que l’on alterne avec 2 insufflations.

Pour optimiser le massage cardiaque, la main qui ne réalise pas les compressions sur le thorax viendra maintenir le front de la victime pour assurer une libération des voies aériennes.

  • Les brûlures

Quelques nouveautés s’immiscent dans le volet des « brûlures ». 

Dès qu'une personne se brûle, il faut refroidir la zone atteinte avec de l'eau courante, à température tempérée pendant au moins 10 minutes et idéalement 20 minutes.

En présence d’une brûlure simple, continuez le refroidissement jusqu’à ce que la douleur disparaisse et ne percez pas les cloques. Pour le moment rien de nouveau. Ce qui évolue, c’est le fait de protéger la brûlure par un pansement stérile ou du film alimentaire. Cela va maintenir l’humidité de la blessure et épouser facilement la zone brûlée.

En présence d’une brûlure grave, appelez les secours tout en poursuivant le refroidissement de la zone atteinte et suivez les consignes que l'on vous donne. Après le refroidissement, installez la victime dans la position dans laquelle elle se sent le mieux, laissez si possible la partie brûlée visible, couvrez la victime et surveillez-là tout en respectant les consignes données par les secours.

  • Obstruction des voies aériennes

Bien souvent, l'obstruction des voies aériennes est causée par un aliment ou un objet qui bloque les voies aériennes supérieures. Cela touche surtout les jeunes enfants qui portent des objets à leur bouche ou bien chez les personnes âgées qui présentent une mauvaise dentition ou des troubles de l’oralité.

Lorsqu’une victime est complètement "bloquée", qu'elle ne peut plus respirer, ni crier, ni tousser, on parle désormais d’une obstruction complète des voies aériennes. Il faut donc immédiatement procéder aux techniques des claques dans le dos. Si elles s’avèrent inefficaces (la victime ne respire toujours pas) ou impraticables, on alterne avec les compressions abdominales. Ces dernières se font au niveau thoraciques dès lors que le sauveteur est en présence d' une victime : enceinte (les derniers mois de grossesse), obèse, alitée ou difficilement mobilisable.

Une autre modification majeure intervient dans les nouveaux référentiels concernant l'obstruction partielle des voies aériennes. Si la victime tousse, mais que cela est inefficace pour la laisser respirer et qu’elle démontre des signes de fatigue, on considère alors qu’elle présente une obstruction complète des voies aériennes. Vite, à vous de jouer avec les gestes de premiers secours cités juste en haut.


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