Prévention santé sécurité au travail

Salariés aidants, comment l'entreprise peut-elle les soutenir ?

État des lieux

En France, selon une enquête IPSOS réalisée en 2020, on dénombre 11 millions de personnes en situation d’aidants. Une personne est dite « aidante » lorsqu’elle accompagne un proche, qui du fait d’un handicap, d’un âge avancé ou d’une maladie ne peut pas vivre en totale autonomie.

Près de 20% de ces aidants sont des actifs et doivent concilier tant bien que mal leur vie professionnelle avec leur vie d’aidant. D’après des projections menées par Ocirp-Vivoice, 1 actif sur 4 sera un proche aidant d’ici à 2030 en raison du vieillissement de la population et de l'augmentation des maladies chroniques.

Quels enjeux pour l'entreprise ?

Absentéisme, fatigue, sur-sollicitation téléphonique, risques psychosociaux, pour une entreprise les enjeux liés à leurs salariés-aidants sont colossaux. A titre d’exemple, en France, un salarié-aidant est absent 13 jours de plus que la moyenne des salariés français.

Encore faut-il que les entreprises le sachent. Etre en situation d’aidant n’est pas toujours facile à exprimer auprès de ses employeurs. Justement, libérer la parole sur cette problématique de l’aidance fait partie intégrante de la politique RSE de l’entreprise.

Les différentes actions à mettre en place

En matière d’aidance, des accompagnements financiers peuvent se mettre en place via plusieurs types de dispositifs. 

Les aides financières

Le congé de proche aidant

Le congé de proche aidant s’adresse aux salariés ayant plus de deux ans d’ancienneté dans l’entreprise et qui souhaitent s’occuper d’un membre de leur famille qui a un besoin réel de prise en charge. Ce congé permet de mettre leur activité professionnelle en suspension ou bien à temps partiel pour une durée cumulée d’un an maximum sur la durée d’une carrière, à raison de 3 mois consécutifs maximum.

Il est normalement non rémunéré, mais le salarié peut être employé par la personne aidée si celle-ci bénéficie de l’APA ou de la prestation de compensation du handicap (PCH).

Par ailleurs, à son retour, l’entreprise doit garantir à son salarié de retrouver son emploi ou un emploi similaire à rémunération équivalente.

Le congé de solidarité familiale

Le congé de solidarité familiale s’applique dans les cas graves où la personne « aidée » souffre d’une pathologie impliquant son pronostic vital ou en phase terminale d’une affection grave et incurable.

Dans ces cas, le salarié-aidant peut bénéficier d’un congé de 6 mois maximum (3 mois, renouvelable une fois) qui peut être organisé à temps plein ou à temps partiel. Ce congé prend fin à la fin de cette période définie ou dans les 3 jours qui suivent le décès de la personne. A noter que ce congé n’est pas rémunéré mais la Sécurité Sociale peut verser au salarié - aidant une allocation journalière pour compenser la perte de revenu.

Le congé de présence parentale

Ce congé est à destination des salariés dont l’enfant à charge (de moins de 20 ans) nécessite une présence continue et des soins contraignants en raison d’une maladie, d’un handicap ou d’un accident.

Le congé de présence parentale est d’une durée maximale de 310 jours ouvrés par enfant et par pathologie. Il peut se prendre sur une période de 3 ans maximum (en continu ou non selon les besoins). Attention, aucun jour ne peut être fractionné en demi-journée.

Ce congé n’est pas rémunéré mais peut être indemnisé par la caisse d’allocations familiales (CAF) sous la forme d’une allocation journalière de présence parentale (AJPP).

Des mesures à déployer 

 

Encourager le don de RTT

Depuis la loi Mathys n’importe quel salarié peut faire don de ses jours de repos à l’un de ses collègues en situation d’aidance avec le simple accord du responsable. Ce système permet au salarié qui en bénéficie de continuer à être rémunéré pendant son absence auprès de son proche.

Il s’agit d’un don sans contrepartie et qui peut concerner :

  • des jours de congés annuels à partir du moment où l’on a pris 4 semaines de congés payés,
  • des jours déposés sur un compte épargne-temps,
  • des jours de RTT.

Mettre en place un compte épargne-temps

Créé par l’employeur, le compte épargne-temps est un compte sur lequel un salarié peut placer et cumuler des jours de congés ou de récupération non pris ou diverses formes de rémunérations telles que les primes.

Il permet au salarié - aidant de transformer des jours de congés en complément de rémunération et/ou de bénéficier des dons de jours de repos de ses collègues.

Analyser les besoins du salarié-aidant

Mieux comprendre les besoins de vos salariés-aidants va être beaucoup plus fructueux pour l’entreprise. 

Cela passe peut-être par un aménagement du temps de travail et de la charge de travail qui en découle. Concrètement, cela peut se traduire par un aménagement des horaires de travail, le développement du télétravail, etc.

Développez les sources d’informations et de sensibilisation pour une meilleure prise en charge des salariés-aidants au sein de votre entreprise. Si vous identifiez un ou une salariée en situation d’aidance orientez le ou la vers des professionnels qui l’épauleront au mieux dans ses problématiques.

Suivez-nous sur les réseaux

Inscrivez-vous à notre lettre d'informations premiers secours

Merci pour votre inscription !
Oups ! Une erreur est survenue...
Recevez les nouvelles formations en ligne et nos articles sur les bases des gestes de Premiers Secours.