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Rencontre

« Je souhaite que chacun sache réagir devant une situation d’urgence »

Salvum, start-up de l’économie sociale et solidaire est un partenaire privilégié de tous les acteurs du monde des secours. Chaque mois, on vous présente une personnalité qui évolue, de près ou de loin, dans le secourisme.

Cyril Renaud a été opérateur du traitement des appels d’urgence au SDIS de la Vienne pendant dix ans. Il est aussi le créateur du blog Sauvons des vies lancé en 2017.

En quoi consiste le métier d’opérateur de traitement des appels ?

L’opérateur est l’interlocuteur privilégié de l’appelant, c’est le premier à qui il va s’adresser et demander de l’aide. Le cœur de métier de l’opérateur c’est de rassurer, prendre l’adresse et le motif au plus vite afin d’envoyer les secours dans les quelques secondes qui suivent, tout en apportant les premiers conseils le temps que les secours arrivent. Ce métier, peu connu de tous est véritablement la colonne vertébrale des opérations de secours des sapeurs-pompiers. 

Comment est née votre passion pour le secourisme ?

Je suis entré jeune sapeur-pompier (JSP) dès l’âge de mes 13 ans. C’est dans ces premières années que j’ai découvert le monde des secours et plus précisément le milieu « pompier ». Le secourisme s’est présenté à moi un peu comme une évidence par la suite. Depuis que je suis entré pompier volontaire à l’âge de 16 ans j’ai toujours aimé et apprécié partir dans le VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance aux Victimes), l’ambulance des pompiers. C’est quelques années plus tard que j’ai voulu devenir formateur en premiers secours.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre blog ?

Ce qui m’a poussé à le créer et à écrire mes articles, c’est la Grande Cause Nationale de 2016. Rappelez-vous, elle était dédiée aux « Comportements qui sauvent », portée par les pompiers de France, la Croix-Rouge et la Protection Civile. J’ai voulu continuer dans la lignée de cette cause, en écrivant des articles concis, permettant de mémoriser rapidement les gestes de secours. Je veux susciter l’envie de se former.

Quel est votre plus beau souvenir dans le monde des secours ?

Je garderais le message que j’ai reçu après mon passage à la radio Styl’FM pour parler de mon blog et de mon livre. C’était l’email d’une personne qui m’avait écouté et qui avait changé son comportement. Elle m’a dit qu’elle n’avait jamais envisagé d’apprendre les gestes qui sauvent car pour elle, il suffisait d’appeler les secours. En m’écoutant et en lisant mon livre, elle a pensé à sa famille, à son entourage… et s’il leur arrivait quelque chose, qu’est-ce que je ferais ? A la suite de cela, elle a suivi une session de sensibilisation aux gestes qui sauvent et devait se former au PSC 1. C’est un excellent souvenir. J’en suis fier et je suis fier pour elle. 

Racontez-nous ce que l’on trouve dans votre livre téléchargeable gratuitement sur votre blog ?

On y retrouve des bons réflexes à adopter en cas de danger tout simplement. Mon but n’est pas que les lecteurs deviennent des secouristes confirmés. Je souhaite que chacun sache réagir devant une situation d’urgence. Un arrêt cardiaque, c’est une urgence. On ne doit pas réfléchir, on masse et on pose un défibrillateur si on en a un à proximité. Une personne inconsciente : on la met tout de suite sur le côté en position latérale de sécurité (PLS). Il s’agit d’inculquer des réflexes. J’insiste sur ce mot puisque les gestes qui sauvent sont des bons réflexes que l’on peut tous apprendre et cela dès le plus jeune âge.

En France la plupart des citoyens (22% seulement) sont formés aux gestes de premiers secours. Comment pourrions-nous rendre le secourisme plus accessible ?

La démocratisation des gestes de premiers secours passe forcément par l’école ! Il faut donner l’envie de le faire et ne pas l’inculquer pour l’inculquer. Nous avons une richesse d’Associations agréées de sécurité civile (AASC) en France, de formateurs, de personnes compétentes pour enseigner le secourisme, faisons-en sorte de les impliquer au niveau national. Les actions au niveau local sont superbes ! Étendons-les, prenons les idées des uns et des autres pour enfin, faire de chaque citoyen un acteur de sa sécurité. Il faut que la France rattrape ce retard en matière de prévention des risques et de premiers secours.