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Éducation

Covid : « Éviter de trop laisser les enfants devant les médias télés »

Salvum, l’application référente en formation des gestes de premiers secours, est à vos côtés tout au long de la crise sanitaire et vous accompagne vous et vos proches pour aborder sereinement cette période. Comment aborder la période actuelle avec des enfants ? On vous apporte quelques éléments de réponse.

Le Docteur Malatrait Bouisset Charlotteest, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent, à Eguilles (13).

Quelle attitude doit adopter l’adulte vis-à-vis de l’enfant pour le rassurer dans ce contexte de Covid ?

La première chose à se rappeler est que les enfants sont « des éponges émotionnelles », surtout lorsqu’ils sont jeunes (avant 10 ans). Leur maturité psychique n’est pas encore développée et ils n’ont pas encore les armes pour se protéger psychiquement. Par conséquent, lorsqu’un adulte est en présence d’un enfant anxieux, il doit rester serein et ne pas lui-même montrer de signes anxieux qui deviendraient insécurisants pour l’enfant.

Dans ce contexte actuel, il faut éviter de trop laisser les enfants devant les médias télés car ils peuvent aborder des images anxiogènes pour eux, lesquelles ils n’arrivent pas forcément à comprendre clairement, mais qu’ils vont toutefois garder en mémoire.

Enfin, il faut toujours répondre aux questions des enfants et ne jamais laisser un enfant sans réponse.

Quels sont les symptômes d’un enfant stressé ?

Chez l’enfant, les symptômes d’anxiété peuvent être très variés en fonction des âges donc le premier signe d’alerte va surtout être un changement de comportement récent de l’enfant et/ou d’humeur qui s’installe (enfant plus triste, qui joue un peu moins, plus en colère, plus de difficultés à aller à l’école…). Ces changements peuvent être passagers mais ils deviennent plus interpellants s’ils sont associés à d’autres troubles comme les troubles du sommeil (difficultés d’endormissement, nombreux réveils nocturnes, cauchemars ou terreurs nocturnes…), de l’appétit (perte ou augmentation) ou des comportements d’automutilations (s’arracher les cheveux, se gratter jusqu’au sang…).

Que faire si on les relève chez un enfant ?

La première chose à faire est d’essayer de parler avec l’enfant pour voir s’il arrive à verbaliser son anxiété de lui-même, ce qui n’est pas toujours évident pour lui face à ses parents. Il faut au maximum essayer de le rassurer pour le mettre en confiance. S’il n’arrive pas à se confier ou à mettre des mots dessus, il ne faut pas hésiter à consulter un pédopsychiatre ou un psychologue car le fait d’être en face d’une personne neutre est souvent rassurant pour l’enfant qui arrive plus facilement à mettre des mots.

Pour certains enfants, il est malgré tout très compliqué de passer par le verbal pour extérioriser leur angoisse donc il ne faut pas hésiter à pouvoir aussi avoir recours à des techniques plus corporelles dans un premier temps comme de la sophrologie par exemple.

A l’école, le port généralisé du masque pour l’enseignant peut-il entraîner à terme des retards d’apprentissages chez l’enfant ?

Cette question est compliquée car nous sommes dans une situation inédite donc nous n’avons pas le recul pour y répondre malheureusement.

Il est certain que les conditions ne sont pas optimales pour l’apprentissage du langage chez les jeunes enfants qui ont souvent besoin de voir le positionnement de la bouche pour reproduire les sons. De plus, cette mesure peut mettre en difficultés les élèves malentendants qui lisent sur les lèvres pour comprendre.